Les navigateurs des pôles croisent souvent sur leur chemin de magnifiques icebergs, très populaires auprès du grand public pour leur beauté. Mais savez-vous comment ils se forment ? Embarquement immédiat au cœur des icebergs.

« Des montagnes de glace » flottantes
Le terme d’iceberg a été emprunté au néerlandais ijsberg, qui signifie « montagne de glace » (ijs pour « montagne » et berg pour « glace »). Un iceberg est un bloc de glace d’eau douce qui dérive sur la mer, après s’être détaché du front des glaciers polaires ou d’une barrière de glace flottante. Ce processus s’appelle le vêlage.
Présents dans l’Arctique, en grande partie dans les fjords du Groenland, au Nord du Canada et en Islande, on trouve également des icebergs en Antarctique, où ils se forment périodiquement. Le dernier en date s’est détaché en 2001 du glacier de Pine Island, dans l’ouest de l’Antarctique. Actuellement un iceberg de la taille de New York est également en formation sur le glacier de Pine Island. Il devrait être complètement fini en 2012.

Les icebergs sont réputés pour leurs caractéristiques physiques impressionnantes. En réalité, la taille de ces montagnes de glace varie considérablement. Les icebergs sont classés en six catégories :
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Type d’iceberg
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Hauteur au-dessus de l’eau
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Longueur
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Surface de flottaison
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Masse
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Bourguignon (growler en anglais)
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inférieure à 1 mètre
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inférieure à 5 mètres
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supérieure à 20m²
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inférieure à 120 tonnes
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Fragment d’iceberg
(bergy bit)
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entre 1 et 5 mètres
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entre 5 et 15 mètres
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entre 20 et 300 m²
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entre 120 et 5 400 tonnes
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Petit iceberg (small)
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entre 5 et 15 mètres
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entre 15 et 60 mètres
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supérieure à 300 m²
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entre 5 400 et 180 000 tonnes
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Iceberg moyen (mediumberg)
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entre 15 et 45 mètres
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entre 60 et 120 mètres
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supérieure à 300 m²
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entre 180 000 et 2 millions de tonnes
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Gros iceberg (largeberg)
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entre 45 et 75 mètres
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entre 120 et 200 mètres
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supérieure à 300 m²
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supérieure à 2 millions de tonnes
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Très gros iceberg (very largeberg)
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supérieure à 75 mètres
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supérieure à 200 mètres
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supérieure à 300 m²
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30 millions de tonnes
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Les icebergs sont ensuite classés en fonction de la forme de leur partie émergée, qui rappelons-le ne représente que 10% de leur volume. Ainsi les icebergs peuvent être tabulaires, trapus, biseautés, érodés, pointus ou en dôme. La couleur de ces montagnes de glace est quant à elle généralement bleutée.

Danger en mer
Les icebergs sont mobiles et leurs flancs peuvent facilement déchirer les coques des navires, ou plus grave encore, entrer en collision avec les plateformes pétrolières. L’accident le plus célèbre est le naufrage du Titanic le 14 avril 1912 à 650 km au large de Terre-Neuve (Canada). C’est pourquoi aujourd’hui ils sont placés sous étroite surveillance.
En Atlantique Nord, l’International Ice Patrol réalise ce travail. En Antarctique, la surveillance est effectuée par le National Ice Center. Les icebergs qui mesurent plus de 18,52 kilomètres de longueur (10 miles marins) sont même désignés par un nom composé d’une lettre et d’un nombre, incrémenté pour chaque nouvel iceberg. La première lettre donne son origine :
A : du 1er quadrant entre 0° et 90° de longitude ouest (mer de Bellingshausen et mer de Weddell)
B : du 2e quadrant entre 90° et 180° de longitude ouest (mer d'Amundsen, Est de la mer de Ross)
C : du 3e quadrant entre 90° et 180° de longitude est (Ouest de la mer de Ross, Terre de Wilkes)
D : du 4e quadrant entre 0° et 90° de longitude est (barrière d'Amery, Est de la mer de Weddell)
Voir le post de Géraldine du vendredi 13 janvier
Les icebergs victimes du réchauffement climatique
Les icebergs et les calottes glaciaires subissent de plein fouet le réchauffement climatique, et cela pourrait avoir de fâcheuses conséquences environnementales. Leur fonte serait responsable de la montée du niveau des océans. Selon les chercheurs du CNRS, la fonte totale de l'Antarctique équivaudrait à une hausse du niveau de la mer de l’ordre de 60 mètres auxquels il faudrait ajouter la fonte du Groenland, de l’ordre de 7 mètres de plus, avec toutefois quelques mètres d’incertitude.
La fonte des icebergs et des calottes glaciaires pourrait également affecter la salinité des océans et ainsi modifier la circulation thermohaline (circulation permanente de l’eau engendrée par des écarts de température et de salinité des masses d’eau). Cette circulation permet le transport de chaleur, de l’équateur vers les pôles. En outre, certains modèles suggèrent que les eaux de surface, moins salées et moins denses, plongeraient moins facilement dans les profondeurs, ce qui entraînerait en Atlantique nord une diminution de l’apport de chaleur par le Gulf Stream, courant océanique qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas et se dilue dans l'océan Atlantique vers la longitude du Groenland après avoir longé les côtes européennes.
Elle aurait bien évidemment également des conséquences humaines. L’élévation du niveau des mers entraîne l’inondation des zones côtières, ce qui menace la survie de nombreux habitants de villages et d’îles, telles que les Maldives (Asie du Sud-Ouest) ou certaines îles du Pacifique. En 2004, le premier ministre des îles Tuvalu (11 000 habitants), Saufatu Sopoanga, était déjà en discussion avec la Nouvelle-Zélande pour qu'elle accepte d'accueillir les habitants de l'archipel en cas de nécessité.

Texte : Neoplanète
Crédits photos : Flickr; John Van Atta/StormPetrel1/b00nj