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A la découverte des icebergs
07/02/2012 - 17h07

Les navigateurs des pôles croisent souvent sur leur chemin de magnifiques icebergs, très populaires auprès du grand public pour leur beauté. Mais savez-vous comment ils se forment ? Embarquement immédiat au cœur des icebergs.


« Des montagnes de glace » flottantes


Le terme d’iceberg a été emprunté au néerlandais ijsberg, qui signifie « montagne de glace » (ijs pour « montagne » et berg pour « glace »). Un iceberg est un bloc de glace d’eau douce qui dérive sur la mer, après s’être détaché du front des glaciers polaires ou d’une barrière de glace flottante. Ce processus s’appelle le vêlage.

Présents dans l’Arctique, en grande partie dans les fjords du Groenland, au Nord du Canada et en Islande, on trouve également des icebergs en Antarctique, où ils se forment périodiquement. Le dernier en date s’est détaché en 2001 du glacier de Pine Island, dans l’ouest de l’Antarctique. Actuellement un iceberg de la taille de New York est également en formation sur le glacier de Pine Island. Il devrait être complètement fini en 2012.

 


Les icebergs sont réputés pour leurs caractéristiques physiques impressionnantes. En réalité, la taille de ces montagnes de glace varie considérablement. Les icebergs sont classés en six catégories :

 

 

 

Type d’iceberg

 

 

Hauteur au-dessus de l’eau

 

 

Longueur

 

 

Surface de flottaison

 

 

Masse

 

 

Bourguignon (growler en anglais)

inférieure à 1 mètre

inférieure à 5 mètres

supérieure à 20m²

inférieure à 120 tonnes

 

 

Fragment d’iceberg

 

 

(bergy bit)

entre 1 et 5 mètres

entre 5 et 15 mètres

entre 20 et 300 m²

entre 120 et 5 400 tonnes

 

 

Petit iceberg (small)

entre 5 et 15 mètres

entre 15 et 60 mètres

supérieure à 300 m²

entre 5 400 et 180 000 tonnes

 

 

Iceberg moyen (mediumberg)

entre 15 et 45 mètres

entre 60 et 120 mètres

supérieure à 300 m²

entre 180 000 et 2 millions de tonnes

 

 

Gros iceberg (largeberg)

entre 45 et 75 mètres

entre 120 et 200 mètres

supérieure à 300 m²

supérieure à 2 millions de tonnes

 

 

Très gros iceberg (very largeberg)

supérieure à 75 mètres

supérieure à 200 mètres

supérieure à 300 m²

30 millions de tonnes




Les icebergs sont ensuite classés en fonction de la forme de leur partie émergée, qui rappelons-le ne représente que 10% de leur volume. Ainsi les icebergs peuvent être tabulaires, trapus, biseautés, érodés, pointus ou en dôme. La couleur de ces montagnes de glace est quant à elle généralement bleutée.

 


Danger en mer


Les icebergs sont mobiles et leurs flancs peuvent facilement déchirer les coques des navires, ou plus grave encore, entrer en collision avec les plateformes pétrolières. L’accident le plus célèbre est le naufrage du Titanic le 14 avril 1912 à 650 km au large de Terre-Neuve (Canada). C’est pourquoi aujourd’hui ils sont placés sous étroite surveillance.


En Atlantique Nord, l’International Ice Patrol réalise ce travail. En Antarctique, la surveillance est effectuée par le National Ice Center. Les icebergs qui mesurent plus de 18,52 kilomètres de longueur (10 miles marins) sont même désignés par un nom composé d’une lettre et d’un nombre, incrémenté pour chaque nouvel iceberg. La première lettre donne son origine :

A : du 1er quadrant entre 0° et 90° de longitude ouest (mer de Bellingshausen et mer de Weddell)

B : du 2e quadrant entre 90° et 180° de longitude ouest (mer d'Amundsen, Est de la mer de Ross)

C : du 3e quadrant entre 90° et 180° de longitude est (Ouest de la mer de Ross, Terre de Wilkes)

D : du 4e quadrant entre 0° et 90° de longitude est (barrière d'Amery, Est de la mer de Weddell)

Voir le post de Géraldine du vendredi 13 janvier 

 

Les icebergs victimes du réchauffement climatique

Les icebergs et les calottes glaciaires subissent de plein fouet le réchauffement climatique, et cela pourrait avoir de fâcheuses conséquences environnementales. Leur fonte serait responsable de la montée du niveau des océans. Selon les chercheurs du CNRS, la fonte totale de l'Antarctique équivaudrait à une hausse du niveau de la mer de l’ordre de 60 mètres auxquels il faudrait ajouter la fonte du Groenland, de l’ordre de 7 mètres de plus, avec toutefois quelques mètres d’incertitude.

La fonte des icebergs et des calottes glaciaires pourrait également affecter la salinité des océans et ainsi modifier la circulation thermohaline (circulation permanente de l’eau engendrée par des écarts de température et de salinité des masses d’eau). Cette circulation permet le transport de chaleur, de l’équateur vers les pôles. En outre, certains modèles suggèrent que les eaux de surface, moins salées et moins denses, plongeraient moins facilement dans les profondeurs, ce qui entraînerait en Atlantique nord une diminution de l’apport de chaleur par le Gulf Stream, courant océanique qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas et se dilue dans l'océan Atlantique vers la longitude du Groenland après avoir longé les côtes européennes.

Elle aurait bien évidemment également des conséquences humaines. L’élévation du niveau des mers entraîne l’inondation des zones côtières, ce qui menace la survie de nombreux habitants de villages et d’îles, telles que les Maldives (Asie du Sud-Ouest) ou certaines îles du Pacifique. En 2004, le premier ministre des îles Tuvalu (11 000 habitants), Saufatu Sopoanga, était déjà en discussion avec la Nouvelle-Zélande pour qu'elle accepte d'accueillir les habitants de l'archipel en cas de nécessité.



 

Texte : Neoplanète

Crédits photos : Flickr; John Van Atta/StormPetrel1/b00nj









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