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Samedi 4 février : Blaiklock Island
05/02/2012 - 10h45

9h30 : Je fais une longue balade sous la neige, le long de la côte en escaladant les glaciers, parmi les skuas et rejoins Fleur Australe à l’autre bout de la baie. Le baromètre est de plus en plus bas. Depuis hier après midi l’aiguille vient buter sur le bas du tambour (953 hPa) c’est assez classique sous ces hautes latitudes mais le fait est que le vent souffle fort (35 nœuds). Dans les 50eme ça doit être costaud. Il neige de plus en plus. Nous quittons le mouillage de Blaiklock Island et sa petite hutte encore en état, une dépendance de horseshoe. Il y a encore le traineau, les futs de fuel… Sur le livre de bord, on retrouve le Golden fleece de Jérôme Poncet, le Pélagique de Skip Novak et le Seal de Amish que nous avons retrouvé récemment à Whangarei. Ce sont les seuls bateaux qui ont osé s’aventurer dans ces mers hostiles ces 5 dernières années, si l’on en croit le livre de bord qui témoigne de leur passage. L’année dernière il n’y a eu personne. Cette année nous sommes les premiers. Nous naviguons sous génois dans le Bigourdan fjord, nous sommes vent arrière et marchons à 7 nœuds. Nous longeons l’Arrowsmith peninsula. Les parois de glace sont abruptes, verticales, impressionnantes de beauté. 


Les glaciers jouent avec les falaises



On ne se lasse pas de ce décor.

 

Nous traversons maintenant le Laubeuf fjord pour rejoindre lagoon Island dans le sud de Rothera. Ce fut notre premier mouillage dans la baie Marguerite, les enfants l’ont adoré, ce sera donc notre dernier avant de tenter de sortir demain par le Gullet passage entre l’ile Adélaide et l’Arrowsmith Peninsula. Ce passage étroit n’est libéré de glace que très rarement. Il est certaines années où il reste obstrué et donc impraticable. Il permet d’arriver dans le Crystal Sound pour remonter vers les Biscoe Island.


14h00 : Le temps est de plus en plus brumeux. Il neige, Fleur Australe est recouverte d’un manteau immaculé, Loup s’amuse à faire un bonhomme de neige sur le pont.

 

Loup nettoie le pont après une bonne chute de neige

 

Il faut être vigilant, car on ne voit rien. Les icebergs se dessinent à la dernière seconde.

 

Un gros iceberg vient nous rendre visite.

 

La brume joue avec les pics.


17h00 : Lagoon Island. Pour fêter notre arrivé au mouillage, comme par enchantement, la neige et la brume se dissipent pour laisser la place à un soleil radieux.

 

Nous avons retrouvé notre mouillage de Lagoon Island.

 

Nous étions là il y a une dizaine de jours et pourtant le paysage semble différent, les growlers ne sont plus là, un énorme iceberg masque la côte Nord de la baie. Seul les éléphants et les skuas, maitres des lieux sont fidèles au poste. La glace a façonné le paysage et les perspectives ne sont plus les mêmes, ajouté à cette lumière exceptionnelle, il me semble découvrir cet endroit définitivement magique pour la première fois. Loup s’empresse d’aller dévaler les pentes glacées tandis que Philou se lance dans la préparation du pain et que je pars présenter mes respects du soir aux éléphants de mer. Deux otaries qui n’ont pas l’air commodes et se déplacent avec agilité ont rejoint le groupe.




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COMMENTAIRES
domi a écrit :
y a pas que les icebergs qui remontent au vent; la fumée aussi.....mais faut en avaler beaucoup, et pas n'importe laquelle.... dicton colombien
Marino et Laurent a écrit :
J'ai entendu un jour cette affirmation de la part de Philou : "un iceberg, ça remonte au vent"... j'avoue que l'explication de ce phénomène m'échappe complètement... Les lois de la physique sont-elles seules en cause ou bien la météo entre-t-elle aussi dans le jeu ? Désolée de vous importuner avec cette question saugrenue de la part de quelqu'un dont les navigations quotidiennes n'ont rien à voir avec vos déambulations fabuleuses mais cette question me titille : ça remonte vraiment au vent un iceberg ? Et pourquoi ? Merci d'y répondre si des fois vous aviez le temps, entre les enfants, le pain à cuire, la navigation à faire, le blog à tenir, etc, etc...Bonjour à tout l'équipage ! Marino.
redelap a écrit :
Bonjour. je ne suis pas un spécialiste, mais quand on sait qu'un iceberg à les 4/5 de sa masse dans l'eau, on peut penser qu'en situation de vent-courant contraire, il soit plus influencé par le courant que par le vent. Je ne vous pas d'autres explications.
Marino a écrit :
A l'explication de Domi, je préfère celle de Redelap, moins fumeuse et plus logique en situation de "vent-courant contraire", quoique pas encore satisfaisante selon mon goût...Le phénomène persiste-t-il lorsque le courant est absent ? A Philou de trancher, mais apparemment il a autre chose à faire...Et Géraldine ne risque pas de transmettre la réponse puisqu'elle papote avec les éléphants de mer...Heureusement qu'on peut vivre sans ! A bientôt, bonne journée !
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