Dans l’Océan Pacifique, au large du Queensland (au nord-est de la côte australienne), se trouve un joyau de la biodiversité. Avec ses 2 300 km, la Grande Barrière de Corail est le seul organisme vivant visible à l’œil nu depuis l’espace.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Grande Barrière de Corail, qui s'étend sur plus de 345 000 km2, risque de perdre définitivement de sa splendeur et de sa biodiversité. Cet écosystème époustouflant constitué de 2 900 récifs coralliens, est l’habitat de 1 500 espèces de poissons tropicaux, de 4 000 espèces de mollusques, de 350 espèces de coraux mais aussi d’espèces menacées d’extinction, comme le dugong et le requin. Malheureusement, plusieurs dangers planent sur cette Grande Barrière de Corail qui risque de disparaître.

Elle est victime du blanchiment du corail appelé aussi « mort blanche ». En effet, l’augmentation de la température de l’eau due au réchauffement climatique et les pluies acides provoquent la mort des organismes vivants qui donnent ces couleurs multicolores et si extraordinaires aux coraux. Un rapport du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) montre que le blanchissement des coraux sera plus récurrent à partir de 2030 à cause du réchauffement de notre planète. Cette hausse des températures et l’acidification des océans ne sont pas les seules causes de la destruction des coraux. Catastrophes naturelles (cyclones Hamish en mars 2009 et Yasi en début d’année), surpêche, pêche à la dynamite et au cyanure, marée noire, pollution des eaux domestiques, tourisme, développement du littoral…, la Grande Barrière de Corail n’en finit pas d’être menacée. Des chercheurs du Département de l’Environnement et de la Gestion des ressources du Queensland ont récemment trouvé sur cet écosystème des pesticides, avec des concentrations 50 fois supérieures aux niveaux autorisés et cela, jusqu’à soixante kilomètres des côtes. Trois de ces pesticides sont notamment utilisés pour l'agriculture intensive. Cette pollution est une menace directe pour toutes les espèces qui y vivent, notamment pour les requins qui sont en net déclin. Une équipe de chercheurs australiens vient en effet de noter un recul de la population de 6 % par an pour le requin corail et de 9 % pour le requin gris de récif, victimes de la pêche. Une bien triste nouvelle qui vient s’ajouter à la conclusion accablante de l’étude datant de février 2011, « Révision des risques sur les récifs coralliens » (Reefs at Risk Revisited), réalisée par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Institut Mondial des Ressources (World Resources Institute, WRI), en collaboration avec un réseau de plus de 25 organisations spécialisées : plus de 90% des récifs coralliens de la planète seront directement menacés de disparition d'ici à 2030 si rien n’est fait.

Néanmoins, une récente étude de l’Université James Cook en Australie, explique que certains coraux pourraient s’adapter au changement climatique et se dégrader moins rapidement que prévu. Une bonne nouvelle car la Grande Barrière de Corail, comme tous les autres récifs coralliens, protège non seulement diverses espèces marines, dont certaines sont exploitées dans l’industrie pharmaceutique, mais également les côtes et les îles au centre des atolls contre les cyclones et l’érosion.
L'étude, « Révision des risques sur les récifs coralliens », propose des recommandations destinées à mieux protéger et gérer ces écosystèmes sous-marins essentiels, notamment avec la mise en place de zones marines protégées. La Conférence des Nations Unies sur le développement durable + 20 sera l’occasion d’obtenir un engagement politique sur des mesures de protection, en adoptant des mesures concrètes concernant l’océan et les récifs coralliens, souvent qualifiés de « forêt ombrophiles de la mer ».
Texte : Neoplanète
Crédits photos : Flickr; Pierre Mary Thibault et Raguy