Arktos, qui signifie ours en grec, a donné naissance aux mots Arctique et Antarctique. Alors que l’Arctique (au pôle nord) est le pays des ours, l’Antarctique (au pôle sud) en est dépourvu. Dernière terre explorée par les Hommes, ce continent est détenteur d’une histoire riche d’expéditions scientifiques et d’aventuriers.

Appelé le 6ème continent, l’Antarctique est la dernière terre explorée par l’Homme.
Les « aventuriers » prennent possession du continent
Mandaté par la couronne britannique, le premier explorateur scientifique James Cook découvre le cercle polaire austral en 1773. En trois ans, il fit trois tentatives pour préciser les contours de l’Antarctique persuadé qu’il s’agit d’un continent mais ne pouvant le prouver.
C’est le russe F. Bellingshausen, en 1820, qui établit qu’il s’agit d’un véritable continent recouvert de glace et non d’une banquise . Parti sur les ordres du tsar Alexandre Ier, l’explorateur avait pour mission de suivre les traces de James Cook. Deux navires furent affrétés pour l’occasion : la corvette Vostok (117 hommes) et le bateau de transport Myrnyi (72 hommes). L’expédition dura 2 ans, de 1819 à 1821.
le 14 décembre 1911 le Pôle Sud, qui est l’axe de rotation de la Terre, est atteint pour la première fois par le norvégien Roald Amundsen et son équipe.
A la fin des années 50, l’Année Géophysique Internationale donne le coup d’envoi de l’ère scientifique sur le continent. Les aventuriers se réapproprient le terrain à la fin du 20ème siècle. En 1989, la plus grande traversée de cercle polaire austral est réalisée par Jean-Louis Etienne en 7 mois. Pour cette expédition internationale de 6 300 kms, trois traîneaux tirés par douze chiens transportaient vivre et matériel. Skiant à côté des attelages, les six hommes de l’équipe venus des quatre coins du monde parcouraient 33 km par jour. Cinq ans plus tard, la norvégienne Liv Arnesen devient la première femme à atteindre le Pôle Sud. Elle arpenta les 1 200 km qui séparent la base Hercules Inlet, sur la côte Antarctique, de son but en cinquante jours, à ski et en solitaire. Les Belges Alain Hubert et Dixie Dansercoer suivirent les traces de ces aventuriers en traversant l’Antarctique du nord au sud : 3 924 km parcourus à ski et tirés par des cerfs-volants.
Loin d’avoir livré tous ses secrets, Le continent gelé fascine les aventuriers qui ne cessent de repousser les limites de l’inconnu polaire et attire toujours plus de scientifiques.

Manchots, baleines et phoques se partagent les maigres ressources de l’Antarctique.
L’Antarctique : un lieu de recherche privilégié
Les recherches menées en Antarctique touchent des domaines aussi divers que la glaciologie, la météorologie, la géologie, l’astrophysique ou l’écologie. Il est un lieu privilégié pour analyser les effets du réchauffement climatique. Ses conséquences y sont plus « visibles » : décrochement de gigantesques plaques de banquise, arrivée d’espèces habituées à un climat plus chaud, diminution de la biomasse du krill Antarctique, base de la chaîne alimentaire.
L’autre intérêt de l’Antarctique est qu’il est situé sous le fameux « trou dans la couche d’ozone » découvert dans les années 80. Victime d’un abus de langage, le « trou », il s’agit en réalité d’un amincissement, qui est l’objet d’une surveillance attentive des scientifiques.
Que ce soit en bateau ou dans des stations polaires, des scientifiques séjournent tout au long de l’année sur le continent gelé. La goélette Tara, par exemple, jette son ancre en Antarctique pour étudier le plancton marin. Trente-deux bases de recherches parsèment le continent gelé dont la station belge Princess Elisabeth qui a la particularité de n’émettre aucun gaz à effet de serre !

Les touristes aussi parcourent le continent gelé en bateau.
Texte : Néoplanète
Crédits photos : Flickr-hinayana et b00nj