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Les trésors Maori sont nés des dieux
30/11/2011 - 10h31

Aotearoa est le nom Maori de la Nouvelle-Zélande. Il signifie « le long nuage blanc ». La légende veut que ce nom ait été attribué par Kuramarotini, l'épouse de Kupe, le premier découvreur de ces îles. Aujourd'hui, l'expression « Nouvelle-Zélande Aotearoa » est utilisée parfois pour désigner le voisin de l'Australie. Une manière de rappeler la présence du peuple Maori. Riche de six cent ans d'histoire, certains aspect de la culture maori sont appelés des taonga, c'est-à-dire des trésors.

 

Le ta moko était une pratique très douloureuse, qui versait beaucoup de sang.


D'abord, un peu d'histoire
Les premiers Maori auraient accosté les côtes de la Nouvelle-Zélande Aotearoa XIIe – XIVe siècle. Quelques centaines d'années plus tard, au XVIIe - XVIIIe siècle, les Européens abordèrent eux-aussi les terres néo-zélandaises. Après des échanges tumultueux entre Occidentaux et Maori au début de la colonisation, la situation se calma avec la déclaration d'indépendance en 1835.
Cinq ans plus tard, le traité de Waitangi fut signé entre colons et autochtones. Rédigé en anglais et en maori, cet accord proclamait la souveraineté britannique tout en laissant le contrôle des ressources (forêts, eaux, etc.) aux autochtones. Les différences entre les deux versions furent la source de nombreux problèmes entre Maori et Pakeha, Néo-Zélandais d'origine européenne.


Les parents des dieux, de la rosée et de la brume
La mythologie maori explique que le couple originel, Rangi (Père Ciel) et Papa-tuanuku (Mère Terre) donna naissance à six fils. Six dieux qui avaient chacun un domaine de compétence. Rongo est le dieu des plantes cultivées, Tangaroa, celui des poissons et des reptiles, Tu, celui de la destruction, Tane, celui des forêts. Le domaine d'influence des deux derniers, Haumia et Tawhiri, est plus restreint.  Les progénitures divines durent mettre fin à l'étreinte de leurs parents pour laisser jaillir la lumière et le monde des humains.
La légende veut que Rangi et Papa-tuanuku ne se remettent jamais de cette séparation forcée. Père Ciel soupire en pensant à cette étreinte passionnée (c'est la brume) et Mère Terre pleure quand lui revient ce souvenir (c'est la rosée).

Des taonga nés des dieux
Rangi et Papa auraient fait don de la musique aux hommes. La mélodie provient de Père Ciel et le rythme de Mère Terre, de ses battements de cœur. La musique accompagne les cérémonie rituelle ainsi que les mariages et les enterrements. Bois, os de baleine, coquillage et même pierre servaient à la fabrication des instruments.
L'art de la sculpture ne s'arrête pas aux instruments de musique. Pirogues, talismans, maisons et même la peau avec le tatouage sont toujours richement décorés. Les dessins font souvent référence au couple originel et à leurs enfants. Par exemple, les spirales rappellent la séparation de Rangi et Papa et donc le jaillissement de la lumière.

Le haka, la danse guerrière des All Blacks
Connu surtout grâce à l'équipe de rugby néo-zélandaise. Ce chant guerrier destiné à faire peur à ses adversaires est surtout connu surtout grâce à l'équipe de rugby néo-zélandaise. Signifiant littéralement danse, le haka est non seulement chanté mais aussi « joué » avec des expressions féroces, langues tirées et yeux exorbités.
Même si le haka Ka Mate des All Blacks est le plus connus de tous, ce n'est pas le seul. Les équipes des Fidji et des Samoa exécutent elles-aussi des haka guerrier avant leurs matchs. Les Fidjiens dansent le cibi et les Samoans le siva tau. A une époque, les haka n'étaient pas seulement des danses guerrières mais aussi de joie, de bienvenue.

 

Les All Blacks dansent le haka Ka Mate avant chaque rencontre.


Marquer son identité à même la peau

Ta moko désigne l'art du tatouage en Maori. C'est un marqueur d'identité. Il indique le whakapapa (la généalogie) de la personne, ses accomplissements et sa place dans l'iwi (la tribu). Il y a trois classes sociales dans les tribus qui sont définies dès la naissance : l'ariki (la noblesse), les rangatira (les chefs militaires) et le Tutua (le peuple).
Le ta moko est une pratique extrêmement sacrée, surtout quand il s'agit du visage. La tête étant la partie la plus sacrée du corps humain pour les Maori. Cette tâche était confiée à un artiste-tatoueur, une personne de haut rang dans la communauté.

 

L'art du tatouage était aussi représenté sur les statues

 


Rédaction : NéoPlanète

Credits photos : Flickr_RaviGogna, Flickr_Nokes, Flickr_Natural-Heart



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