69°30 Sud
77°15’ Ouest
03h00 : Antoine est de quart et nous réveille car la banquise est toute proche. Nous empannons, après 24h d’eau libre nous voici de nouveau confronté à la glace serrée, blanche à perte de vue. Nous la rasons, sommes dans le brash. L’ile Charcot est à 130 milles, la visibilité est mauvaise. Nous poursuivons malgré tout, notre route vers l’ile, la banquise fait des zig-zag mais elle est bien là, protégeant l’ile comme un petit trésor.

Une mer impraticable.
Charcot lui-même, lorsqu’il l’a découverte n’avait pu s’en approcher à cause de la banquise, il était resté à 40 milles. Quant à Adrien de Gerlache avec le Belgica, il s’est fait enfermer par la glace dans la mer de Bellingshausen, non loin d’ici et y a passé l’hiver.

Le pack, toujours le pack. Il nous bloque notre route pour l'ile Charcot à 40 milles.

Le temps est calme. ce n'est pas un endroit à fréquenter par grosse mer.
05h00 : De nouveau la banquise nous oblige a mettre le cap à l’Est. Un groupe d’orques nous double. Nous longeons la glace, beaucoup de brash. C’est rude l’Antarctique, à l’image des mains du capitaine pleines de crevasses à cause du bricolage et du froid. Elles le font souffrir. Nous croisons de nombreux oiseaux, Damiers du cap, Fulmars argentés, Pétrels antarctique, Skuas.

Les oiseaux s'arrêtent dans le sillage de Fleur Australe pour manger les petites crevettes qui remontent à la surface.

Une véritable escadrille de Damier du Cap.
16h00 : Nous sommes toujours en route pour l’île Charcot. Une fois encore la banquise nous barre la route, nous détangonnons le génois et empannons. Encore 50 milles pour atteindre l’île mais la mauvaise visibilité ne joue pas en notre faveur. Nous repérons sur notre radar le signal d’un bateau, à 25 milles. Cela ne nous était pas arrivé depuis un mois. Il s’agit du brise glace le Laurence M Gould. Philou les appelle par VHF mais nous restons sans réponse. Il neige, la banquise nous éclaire de sa blancheur immaculée.