67°33’ sud 67°13’ Ouest
Un dernier tour sur l’île d’Horseshoe et une visite de la base. On se croirait définitivement plongés au temps des explorateurs d’autrefois. C’est cosy. On dirait qu’ils sont partis en laissant tout en état, comme si le temps avait été suspendu juste après leur départ.

Des appareils encore en état, prêt à l'emploi !

Loup au poste de radio. La station communiquait avec le monde entier.

La cuisine, bien rangée.
La baie ce matin est recouverte de growlers.

Le mouillage est parsemé de glacons.
Les icebergs qui bouchaient l’entrée se sont un peu déplacés nous autorisant une superbe sortie en slalomant au milieu de la glace. Nous cheminons le long de la côte Sud de l’île Pourquoi pas, puis embouquons le Bourgeois Fjord qui pénètre sur 30 milles dans la terre de Fallières, entre les nombreux glaciers qui viennent se jeter dans la baie, d’où une importante concentration d’icebergs de toutes formes.
C’est amusant de penser qu’en Nouvelle Zélande on fait des kilomètres pour aller admirer un glacier protégé par des barbelés, alors qu’ici il y en a partout qui s’offrent à nous, immaculés, libres et grandioses. Il n’y a qu’en Antarctique que l’on peu voir cela.
Philou a très mal aux mains. Le froid et surtout l’eau froide sont ici une agression permanente et les mains souffrent beaucoup. Les crevasses apparaissent et font terriblement mal. Il a beau se les enduire de crème, mais rien n’y fait. Il faut porter des gants et éviter les produits agressifs.
Nous jetons l’ancre dans le Bigourdan fjord. C’est une incroyable succession de glaciers qui dévalent les pentes abruptes. Un peu plus loin, une pente plus douce s’ouvre devant nous. Un immense glacier venant de l’intérieur de l’île, se déverse dans la mer.

Comme une langue.
Il vêle de petits icebergs qui flottent dans le chenal. Sur l’autre rive c’est une magnifique descente arrondie, un dôme tout blanc, lisse qui s’arrête par une falaise verticale, comme taillée au couteau. Ici la glace est reine. Elle nous offre toutes ses formes, tous ses visages. Elle peut être crevassée ou lisse, blanche ou bleue, vierge ou transportant de nombreux cailloux qu’elle arrache à la montagne.

La glace omniprésente.

Forte et puissante.

Jeu de marelle sur la banquise
Les scientifiques étudient avec elle la climatologie des siècles passés. On creuse des carottes au cœur du continent Antarctique, par des profondeurs de plusieurs milliers de mètres. On remonte à plus de 33 000 ans en sondant à 900 mètres. On y retrouve les conditions qui régnaient durant la dernière glaciation il y a environ 18 000 ans, lors de l’extension maximale des glaces sur l’hémisphère nord. La décroissance de l’oxygène entre -16 000 et – 11 000 ans témoigne d’une augmentation de la température d’environ 7°C, puis d’une reprise du refroidissement. Les 10 000 dernières années ont connues de faibles variations thermiques, bien qu’une époque chaude soit intervenue il y a 4000 ans. La période qui s’étend de -26 000 à -13 000 ans fut sèche. C’est grâce à ces carottes que l’on remonte le temps, comme ce matin à Horseshoe...

Conversation entre Loup et un phoque

Beau ciel