Prisé pour son parfum doux, chaud et épicé, le bois de santal est exploité pour la fabrication de l'encens depuis le XIXème siècle. Désormais ressource forestière à préserver, il bénéficie de programmes de protection, notamment en République de Vanuatu, à 2 000 km de la Nouvelle-Zélande (2h de vol d'Auckland).
Tout a commencé avec une odeur : celle du bois de santal. Les Chinois en raffolent pour faire de l'encens. Le Santalum austrocaledonicum produit en effet un bois au cœur très parfumé. Cet arbuste, de 5 à 12 mètres de haut, croît en Inde et sur les îles de la République de Vanuatu, précisément sur Erromango, Espiritu Santo, Tanna, Aniwa, Futuna et Malekula. Ces îles montagneuses d'origine volcanique ont un sous-sol riche et un climat tempéré qui permettent la culture du santal.

C'est en 1825 que Peter Dillon, explorateur irlandais, réalise qu'Erromango est recouverte de ce bois. Sa découverte va entraîner une ruée d'aventuriers sur les îles, lançant par la même occasion le commerce du bois de santal entre les locaux et les Chinois. A mesure que les forêts diminuaient à cause de l'accélération du commerce du santal, les Ni–Vanuatu (habitants de Vanuatu) s'opposaient aux commerçants, véritables pilleurs qui contribuèrent au massacre de milliers d’indigènes et à la destruction de la plupart des zones de bois de santal accessibles en 1860.
Aujourd'hui, l'exportation et le commerce local du bois ou des copeaux du bois de santal sont uniquement réservées aux citoyens vanuatuans. La Loi nationale sur les forêts de 2006 encadre les licences et autres tarifs relatifs au commerce de ce bois. L’Union européenne a également financé le Programme de développement des communautés et de l’environnement de la région insulaire (IRECDP), qui a permis d'empêcher l’abattage de 5 000 hectares à Vanuatu.
Pour protéger le santal des récoltes non-durables et non-contrôlées, le Département des forêts du Vanuatu a mis en place des mesures pour conserver la diversité des forêts indigènes. Comment ? En étoffant les programmes départementaux pour le reboisement du santal, en renforçant les limites de taille des coupes et les interdictions de coupe ou encore en travaillant avec la Nouvelle-Calédonie pour conserver les ressources génétiques.
Une prise de conscience récente a donc permis aux forêts de Vanuatu (qui représentent 60 % des 1,2 million d’hectares que compte au total le territoire) d'être relativement bien contrôlées par l'État. Le bois de santal reste une marchandise de valeur dont la demande pour l'exportation est encore importante. De quoi assurer une source de revenus durable (elles rapportent près de 3,8 millions d'euros) et respectueuse de l'environnement aux quelques 500 travailleurs déclarés de la filière.
Sources :
http://www.fao.org/docrep/008/x4133f/X4133F15.htm
http://www.ici-vanuatu.com/histoire_com_negrier.php
http://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/Vanuatu/148309
http://ec.europa.eu/development/body/publications/courier/courier193/fr/fr_030.pdf
Texte : Neoplanète
Crédits photos : NicBarca - flickr