2017-03-15 - Soudan

Après quatre jours de traversée, nous arrivons à Port Soudan. Les grandes montagnes violettes de la Mer Rouge, émergent dans le ciel cuivré. Il fait une chaleur torride.

Chico, notre agent pour faciliter les démarches avec les autorités, monte à bord, prend nos passeports et nous annonce une tempête de sable pour les heures à venir. « Il ne faut pas sortir, c’est dangereux pour les yeux et pour les poumons », m’explique-t-il.

Effectivement le ciel se voile peu à peu, l’air s’assèche. Le panorama devient jaune et flou. Je fais quelques images mais rentre bien vite pour ne pas abimer ma caméra. Lorsque le ciel s’éclaircit de nouveau en fin de matinée, notre Fleur Australe est recouverte d’un manteau ambré. C’est une véritable baroudeuse de la Mer Rouge.

Nous débarquons, fa 2017 03 15 02l’ambiance est joyeuse. Les femmes sont voilées mais elles rivalisent de couleurs vives et chatoyantes. Port Soudan est une ville à peine centenaire qui a été fondée en 1905 par les colons anglais pour servir de port en eaux profondes. Infrastructure nécessaire à l’époque pour la Couronne anglaise à la suite de l’augmentation du trafic maritime lié au canal de Suez. La ville est essentiellement peuplée de fiers Beja, mais elle accueille également une importante communauté indienne et des chrétiens. Les habitants sont particulièrement sympathiques et hospitaliers. Nous passons par le marché au poisson. Des zarougs démâtés sont halés sur la plage, quelques-uns rentrent au port, chargés de poissons, de mérous, de barracudas, de carangues. Les hommes sont pour la plupart vêtus de blanc, ça parle fort, ça découpe, ça nettoie… Le spectacle vaut le détour. Des arabes nonchalants fument des narghilés, d’autres préparent le thé.

Un petit tour de la ville et nous appareillons pour Suakin. Nous louvoyons entre les récifs, posons l’ancre, le temps d’admirer ces fonds coralliens de toute beauté. Des foules de poissons colorés butinent une forêt sous-marine qui ondule lascivement au grès du courant.

En fin de journée nous arrivons à Suakin, installée sur une petite île qui était autrefois située au milieu d’une crique de la mer Erythrée. Nous sommes à mi-chemin, entre Suez et le Bab el Mandeb, qui ouvre sur le Golfe d’Aden. La ville a toujours été une porte de l’Afrique vers l’Arabie et même les Indes. De fait ce fut Le Port du Soudan, jusqu’à ce que les Anglais n’en décident autrement avec la fondation de Port-Soudan. Un pont a même été aménagé qui a permis à l’île de s’étendre sur le continent. Une voie ferrée relie désormais Suakin à Port-Soudan. Aujourd’hui c’est une cité en ruine dans laquelle nous relâchons. Les services administratifs, financiers et commerciaux ont tous quitté Suakin pour Port-Soudan.

Nous arpentons les vestiges de l’ancienne ville, construite entièrement en blocs de corail, on aperçoit les coquillages millénaires emprisonnés pour l’éternité dans ces murs effondrés. Nous pénétrons dans ce qui reste de la banque, l’école, l’hôpital. C’est un spectacle désolant qui s’offre à nous, seule la mosquée et son minaret, ont été reconstruits à l’identique. L’île est désertée, demeurent quelques natifs qui n’ont pas eus le cœur de quitter leur ville et que nous croisons un peu plus tard au village.

Il semble que la reconstitution de ce site historique ait été maintes fois envisagée mais le Soudan a bien d’autres priorités. Suakin n’en reste pas moins le port traditionnel des Beja, un lieu tout à fait unique, et les habitants sont d’une rare gentillesse. Les femmes veulent faire des photos avec les filles, les hommes nous offre du poisson. Quelques chèvres sont attablées avec nous à l’heure du déjeuner. Nous partageons un frugal repas dans une case faite de planches en bois, avec ces copines d’un jour qui sirotent du coca sous l’œil amusé de mes petites fées.

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