Fin de notre expédition Mer Rouge

Nous poursuivons notre remontée le long de la côte omanaise qui est longue de 2000 kilomètres. Fleur Australe a parcouru 1200 kilomètres depuis Salalah et découvert de superbes paysages en force et en variété. Dans un monde musulman en ébullition, le Sultanat d’Oman fait figure d’anomalie : un sanctuaire de paix, de beauté et de prospérité. Le pays a réussi son pari de modernité, sans rien perdre de sa différence. C’était l’escale qu’il nous fallait pour finir cette aventure en Mer Rouge.

Un havre de paix dont nous avionsfa 20170501 02 besoin pour nous régénérer après ces longs mois de navigations dangereuses dans ces pays hostiles. Des montagnes qui se jettent dans la mer ou des dunes qui se font lécher par la houle de l'océan indien. Oman est un pays minéral, fait de roche et de sable. Un grand désert où quelques oasis et canyons laissent perler des gouttes d'eau qui colorent de vert cette nature composée d'ocre, de brun, de noir, de blanc ou de rouge. Les enfants se régalent devant ce livre à ciel ouvert qui nous raconte les grands mouvements de la terre. Les dépôts de sédiment durant des millénaires se sont accumulés au fond des océans ou dans les vallées, et avec les grandes forces développées au long du temps géologique, la terre s’est plissée, inclinée, écroulée, érodée, déchiquetée. Cette matière semble aujourd'hui figée et l'on a du mal à l’imaginer malléable et si fragile devant les déluges, les tempêtes et les forces tectoniques.

Mascate est nichée dans un décor tourmenté. La capitale du sultanat est cosmopolite et tentaculaire. Le paysage est grandiose. La montagne se jette dans l'océan. Des failles, des criques, des falaises, des plages parsèment cette côte. Le Sultan qui dans les années 1970 a pris la place de son père a fait des choix stratégiques qui s’avèrent sages et judicieux. Ici le développement n'est pas synonyme de démesure comme c’est le cas dans certains pays voisins. Pas de buildings qui se perdent dans le ciel. Un important système routier a été construit, il a désenclavé les régions inaccessibles coincées entre mer et montagne. Il fait bon vivre à Mascat, c’est l’Arabie joyeuse comme on dit par ici. Le pays est très propre, pas un papier ne traîne dans la rue mais malheureusement la mer comme souvent, paye le prix d'une négligence qui résulte en partie de ses principaux acteurs, les pêcheurs.
Nous avons rencontré des associations et certains représentants des ministères, du tourisme et de l'environnement qui ont pris des mesures pour enrayer cette pollution marine. Une grosse campagne publicitaire a été mise en place avec des affiches un peu partout dans la ville pour sensibiliser la population au problème de la propreté des plages.

Fleur Australe relâche dans la marina Bandar Al Rowdha. Le Ministère du Tourisme y a organisé une conférence pour informer la presse de notre expédition. Quelques jours de repos pour découvrir cette ville au parfum d'orient. La population est mixte avec une part importante d'indiens. Le peuple est accueillant et il n'apparaît pas de tension. Le sultanat d’Oman qui possède quelques richesses de gaz et de pétrole, ne veut pas dilapider ce trésor mais l'exploiter au mieux. Les investissements dans le grand port à Duqm qui est destiné à exporter le pétrole du Golfe Persique, le système routier et le tourisme de luxe sont les principaux axes de développement du pays.

Fleur Australe a gardé le cap dans ce périple signalé à haut risque jusqu’à notre arrivée à Oman qui est un pays sûr. Impliqués à fond dans cette expédition avec toute notre soif d'aventure pour franchir les barrières qui se dressent quand on envisage une telle navigation, nous avons pris la mesure du danger, pour nous, pour notre famille, pour le bateau. Nous avons consulté les autorités mais aussi quelques marins qui ont sillonné ces mers. Cela nous a pris du temps. Nous avons douté, ce fut un parcours semé d’embûches mais notre engagement et notre volonté de liberté nous a conforté dans notre désir de parcourir cette Mer Rouge et ce Golfe d'Aden, chargés de légendes et d'aventures maritimes comme celle d'Henry de Monfreid ou d'Arthur Rimbaud. Ils nous ont guidé et nous avons retrouvé intactes les couleurs, les parfums, les saveurs et l'excitation de la navigation au fil des pages de leurs récits.

Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés et suivis dans cette aventure : les différentes ambassades du Liban, d'Israël, d'Egypte, du Soudan, d'Erythrée, de Djibouti, d'Oman, notre amie Anne-Sophie Ave, l'ATCL du Liban et Camille Edde, Frank du Baron Noir en Egypte, Pierre Collet, l'Amiral Pierre de Kriss, les forces françaises à Djibouti, notre ami Maurice Uguen pour le routage, Philippe Laffuge pour la mise en ligne des billets, Rania Khodr et l'Office du Tourisme d'OMAN à Paris, le Ministère du Tourisme d'Oman, nos partenaires et amis Yves Gonnord, Régis Lebrun, de Fleury Michon, Jean Jacques Laurent de PRB et Stelios du Yacht Club de Gustavia. Un grand merci à vous tous qui nous avez suivi pendant cette expédition en Mer Rouge.

L'équipage : Marion 9 ans, Laura 10 ans, Loup 17 ans, Jeanne notre équipière, Betty notre chien, le capitaine Philou et moi-même.

Notre fidèle bateau Fleur Australe qui nous a mené sur ces mers dangereuses et dans ces pays lointains.

Quelques chiffres :
Trois mois de navigation
4000 milles parcourus entre Istanbul en Turquie et Mascate à Oman.
Sept pays abordés, Liban, Israël, Egypte, Soudan, Érythrée, Djibouti, Oman
Nous avons pêché quelques poissons, thons, barracudas, perdu un espadon et une dorade qui heureux sont repartis dans les profondeurs de l'océan...
Rencontré des dauphins par centaines, des globicéphales, des tortues.
Des oiseaux, mais pas en grand nombre.
Une eau allant jusqu'à 30°C et l'air jusqu'à 45°C.
Du sable blanc, de beaux coraux.
Des volcans, des montagnes, des dunes.
Beaucoup de ciel bleu.
Une tempête de sable.
Des millions d'étoiles…
Trois mois de relevés de température et de salinité pour l'IFREMER.

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Sugar dune. Entre désert et mer. la Fleur au mouillage.

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Jabal Akdhar. Repos. Au coeur de la montagne. Un peu de fraicheur après la chaleur écrasante des derniers jours.

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Un panorama à couper le souffle.

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Fleur Australe devant les Sugar Dunes.

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Petite promenade sur les dunes après des mois de mer.

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Le capitaine et son bateau.

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Village suspendu Jabal Akhdar Oman.

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Canyon Jabal Akdhar.

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