carnet de route de geraldine danon

   Le carnet de bord de Géraldine

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17 mai La houle nous roule…

Belle escale à Calvi, l’Île de beauté n’en finit pas de nous éblouir. Nous relâchons dans le port. A peine débarquée je tombe sur mon amie d’enfance, perdue de vue depuis de longues années. Le hasard fait bien les choses et l’hospitalité Corse n’a pas son pareil !

Nous passons une journée délicieuse qui s’achève sur le pont de Fleur Australe à la belle heure et en bonne compagnie. Les parfums du maquis nous enivrent, immortelle, lavande, ciste, subtiles fragrances aigres douces, nous parviennent de la montagne. Au loin, scintillent, les cimes aux neiges éternelles et les falaises pourpres qui plongent dans l’eau turquoise des baies ourlées de sable blanc.

Vers Minuit nous appareillons. Le Mistral a du souffler fort dans le Golfe du Lion et la houle d'Ouest arrive sur les côtes de la Corse. Elle rebondit sur les falaises et dans les baies. La réfraction sur les différents rivages forme un tumulte où personne ne se reconnaît, où tout se mêle, le chaos…Le bateau roule dans tous les sens, roulis et tangage associés, c'est pour nous très inconfortable.

Le vent faible de l'ouest, sud-ouest, se renforce en fin de matinée sous l'effet de la brise thermique. Le soleil chauffe la terre et l'air, à son contact, gagne en température, s'élève vers les hauteurs, aspirant celui du bas, c'est la brise thermique de mer. Le soir le système s'inverse, et l'air redescend de la montagne, c'est la brise de terre qui arrive dans les baies et nous apaise soudain.
Il vaut donc mieux naviguer tôt le matin si la route vous oblige à lutter contre le vent, ou la nuit lorsque tout est calme.

Après une brève escale à Ile Rousse pour rencontrer un pêcheur sous-marin, nous posons l’ancre à Galéria, petite baie sur la côte, au sud de Calvi. Pas de bateau au mouillage, tout est calme. Le village est à quelques distances du rivage. La plage est recouverte de posidonies en grande quantité. C'est un lieu de départ pour les bateaux de plongée qui vont vers la réserve de Scandola. Les montagnes s'enveloppent d'un châle rose alors que le soleil va s'endormir dans les flots lointains. La nuit est douce, le vent est tombé, une petite brise légère descend de la montagne.

Le jour point derrière les sommets enneigés. C'est l'aube, nous levons l'ancre, mais celle-ci refuse de quitter le fond. Philou enfile rapidement sa combinaison de plongée et s'équipe avec la bouteille. La chaine est bloquée dans une épave, coincée sous le moteur du bateau, encore équipé de son arbre et de l'hélice. Il faut la démêler et avec l'aide du moteur nous réussissons finalement à nous libérer. Philou rapporte à bord l’ancre d'un autre bateau qui n'a pas eu d'autre choix que de l'abandonner là en coupant le cordage.

Nous relevons l'ancre mais une grande pièce en acier reste encore accrochée. Il faut la détacher à l'aide d'aussières.

Cap sur la pointe de la réserve de Scandola avec ses roches rouges et volcaniques, qui jaillissent de la mer devenue blanche. Nous passons la pointe Mucchilina. La côte est découpée, déchiquetée, farouche. Des grottes, des pics, des failles, ici c'est le chaos, celui de la terre.

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Fleur Australe sous voile

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Laura et Marion admirent la citadelle de Calvi

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Fleur Australe dans le port de Calvi

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Fleur Australe au mouillage à l'Ile Rousse

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Avec notre ami grand chasseur sous marin

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