carnet de route de geraldine danon

   Le carnet de bord de Géraldine

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1er juin, Le Stromboli

On la découvre de très loin, l’île volcan dans toute sa splendeur, grandiose ! Nous arrivons par le nord et contournons ce monstre sacré depuis la Sciara del Fuoco (coulée de lave qui descend jusqu’à la mer) jusqu’au petit port de Scari.

Ce volcan actif est le plus vieux phare au monde, on le surnomme « le phare de la Méditerranée », depuis l’antiquité. Il guida Ulysse vers les dangereux tourbillons de Charybde en Scylla, dans le détroit de Messine. Il est là devant nous, « Ido », comme on l’appelle ici, ce qui signifie « lui » impose le respect et l’admiration. Il crache des panaches de fumée, se libère peu à peu, gentiment, au lieu d’emmagasiner de la pression jusqu’à l’explosion. Il est en éruption depuis 2400 ans, une explosion toutes les 15 min.

Nous relâchons au pied de cet hypnotisant cône noir dressé sur une mer très sombre et pourtant transparente. Nous prenons l’annexe et débarquons. Je suis d’emblée sous le charme de cette île extraordinaire portée par l’énergie intense de son volcan en activité. Ici pas de marinas, un débarcadère, un hameau en hauteur, d’où l’on accède par une petite rue étroite et quelques venelles blanches et encore plus fugaces dans lesquelles une moto passe à peine. Un paradis avec ses plages de sable noir et ses maisons blanches suspendues qui laisse penser que vivre au pied du volcan aide à prendre la vie avec recul.

Dès le lendemain nous décidons de partir à l’assaut d’ « Ido », 950 mètres de dénivelé. Nous y allons avec les enfants. La montée n’est pas aisée, plus de 4 heures de grimpette pour accéder au cratère. Les filles protestent « c’est trop difficile, on y arrivera jamais ! ». Elles n’en peuvent plus et pour cause c’est raide, long et il fait très chaud, mais arrivés au sommet nous sommes récompensés. Le volcan, respire, vibre, rugit, explose, se calme, c’est magique ! Nous sommes seuls avec un guide et deux vulcanologues qui mesurent son activité. Nous avons préféré monter de jour, malgré la chaleur pour être seuls justement. Nous sommes au bord du cratère à guetter son moindre souffle. La bande son est impressionnante, on a l’impression qu’un avion va décoller sous notre nez, les fumées blanches ou marrons s’échappent des entrailles de la terre et explosent en dessinant des formes multiples dans un flot de pierre et de vie. On pourrait y rester des journées entières à attendre un signe, une vibration, toujours plus forte, toujours plus ardente, plus incandescente, c’est totalement hypnotisant, fascinant, d’une force inégalable et d’une grande spiritualité.

Au bout de deux bonnes heures, il nous faut rentrer car le chemin est long pour rejoindre le port. Nous dévalons des pentes de cendres et de sable noir, pleins d’énergie et de force. Noirs de la tête au pied, les chaussures remplies de cailloux, nous sommes heureux et nous rions à n’en plus finir en nous laissant emporter par la vitesse, grisés par l’adrénaline qu’ « IDO » a bien voulu nous donner, car ce n’est pas toujours qu’il parle autant paraît-il : « Depuis une semaine il était très calme » m’explique Poldo, notre guide, « nous avons eu beaucoup de chance ! » ajoute-t-il. Il faut dire que nous en avons fait des milles pour arriver jusqu’à LUI !

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Le Stromboliccio, reste de l' ancien volcan qui serait le père deu Stromboli

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Une longue ascension de plus de 4 heures

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 Avec notre guide Poldo

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Au dessus du cratère, je filme ce spectacle fascinant.

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Un volcan en éruption continue depuis 2400 ans

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Une pause bien méritée pour les filles