carnet de route de geraldine danon

   Le carnet de bord de Géraldine

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6 juillet, Les Cyclades

Le soleil est au zénith, la mer est de velours, nous empruntons le canal de Corinthe. Les parois de calcaire dans lesquelles il a été creusé s’élèvent à 76 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le courant est fort, le canal s’étend sur 6 km, il est si étroit que deux bateaux ne peuvent passer en même temps. La circulation y est alternée et il faut parfois attendre plus de trois heures pour pouvoir passer.

Deux ponts à chaînes franchissent le canal à chaque extrémité. Les ponts s’abaissent dans l’eau et des feux de signalisation indiquent quand passer ou s’arrêter. 400 euros, c’est le prix à payer pour passer de la mer Ionienne à la mer Egée, le capitaine proteste mais nous n’avons guère le choix, les autorités nous attendent à la sortie du canal.

Le canal à peine franchi le paysage change radicalement. C’en est fini de la végétation luxuriante, c’est désertique, aride, farouche. Des maisons blanches irradiées de soleil, des monastères perchés en haut de la montagne calcinée. Nous sommes dans les Cyclades, un archipel de 56 îles et îlots dont une vingtaine habitées. Un petit paradis aux eaux translucides avec des villages parfaitement bucoliques accrochés miraculeusement aux falaises. Nous cabotons d’île en île et prenons le temps de souffler un peu. Serifos, Sifnos, Folegandros, autant d’îles au charme fou et au caractère bien trempé. Au mouillage, nous sortons la petite flotte de Fleur Australe, pour la première fois depuis plus de 3 mois, annexe à rame, kayac etc. Les enfants sont ravis.

Mais le répit est de courte durée car le Meltemi, vent local, en a décidé autrement. Il nous faut quitter le port de Folegrandos en pleine nuit tant il souffle fort. Nous appareillons et tentons de rejoindre Ios. Des rafales à 45 nœuds font vibrer la Fleur. Les enfants n’en peuvent plus : « Pour une fois qu’on se posait un peu, y’en a marre du bateau, on est toujours en traversée » m’assène Laura, prostrée par terre dans la timonerie. Le bateau est sans dessus dessous, le vent nous a surpris et tout a valdingué d’un bord à l’autre. Des cataractes d’eau se déversent dans le cockpit et submergent le pont. Nous trouvons finalement abri, sous le vent, à Ios.

Le soleil s’éteint à l’horizon et dévoile un ciel d’une beauté inouïe, il inonde la mer de rose et de pourpre, qui viennent apaiser sa furie et dissoudre ses béliers opalins dans un abîme de douceur.

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L’étroit canal de Corinthe

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Sérifos notre premiere escale dans les Cyclades. Un mouillage enchanteur

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Le capitaine a sorti la petite flotte de Fleur Australe

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