27 Juillet : De la Guyane à la Martinique

 

Belle escale en Guyane, nous allons à la rencontre des scientifiques de l’Ifremer qui travaillent sur le recrutement en général. En particulier des crevettes, des mérous et des vivaneaux rouges.

Petite conférence bien sympathique avec un public nombreux et chaleureux. Madame le maire tient à faire de Cayenne une ville résolument maritime. Elle a le projet de réhabiliter le port. C’est l’endroit où relâche Fleur Australe.

Les bateaux ne s’y arrêtent jamais, ils vont directement au port de Dégrad Des Cannes, pourtant nettement moins attrayant. Nous mouillons entre 2 bateaux de pêche Vénézuélien. Les hommes passent 5 mois dans ces eaux poissonneuses essentiellement pour pêcher du vivaneau avant de rentrer chez eux.

Dans la soirée nous allons assister à la ponte des tortues luth sur la plage et rencontrons la responsable de l’association qui veille sur elles. Nous levons l’ancre en direction de la Martinique à 800 milles. Nous sommes heureux de retrouver la douceur des alizés et la belle mer des Antilles.

Nous en profitons pour rendre visite à José et Florette Hayot, amis de longue date. Titouan a dessiné leur nouvelle bouteille de rhum, il est de passage à la Martinique.

Florette me fait découvrir l’habitation Saint Etienne. Demain déjeuner sur l’ilet long avec une bande d’amis. Les escales aux Antilles ont toujours un parfum de paradis.
 

 

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 Les pêcheurs de la Martinique dans le cul de sac Frégate

 

 

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 Martinique, pays du Rhum. Titouan a dessiné les bouteilles du Rhum HSE

 

 

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 Philou, Titouan et José sur l'ilet Long

 

 

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 Un pêcheur de Lambi

 

 

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 Fleur Australe en Martinique

 

21 Juillet : De Belém à Cayenne

 

4 jours de mer avec un courant portant de 6 nœuds pour rejoindre Cayenne. Toutes voiles dehors nous marchons à 10 nœuds. Nous laissons le Brésil et l’Amazone dans notre sillage avec une certaine émotion.

L’eau est entre le vert saumâtre et le chocolat. Nous péchons huit carangues grosses têtes avant de remonter les lignes car nous ne pouvons plus les stocker. Il fait une chaleur étouffante à bord de Fleur Australe.

A Cayenne nous sommes accueillis par Laurent du bel hôtel Ker Alberte qui se plie en 4 pour nous faire découvrir la ville. Les tortues pondeuses, le rio, Cayenne a beaucoup de charme et de trésors cachés.

Demain nous ferons une conférence à la mairie avec projection du dernier film avant de filer vers les Antilles.

L’équipe terre part en vacances bien méritées, je n’aurai donc plus de relais pour mes billets. Je vous souhaite un bon mois d’août et de bonnes vacances pour ceux qui ont la chance d’en prendre. A bientôt pour de nouvelles aventures.

 

 

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Dans les prairies inondées de SOURE (Amazone), les chevaux comme les buffles broutent les pieds dans l’eau.

 

 

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Les buffles aiment ces conditions aquatiques

 

 

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Belem le port dans la ville

 

 

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Le vieux Belem avec ses maisons colorées

 

 

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Le vieux Belem avec ses maisons colorées

 

 

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Les églises du Belem historique

 

 

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Les églises du Belem historique

 

 

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A la sortie de l’Amazone, pêche à la carnage

 

16 juillet : l'Amazone

 

Après une courte escale à Sao Luis nous reprenons la mer. 350 milles pour rejoindre Belém. Il faut sortir du Rio aux eaux boueuses et éviter les bancs de sable. Ici le marnage est important, 6 mètres et le coefficient de la marée est de 102 ce matin.

 

Le vent adonne et nous pouvons mettre les voiles en ciseaux, génois tangonné. Laura met la ligne à la traine et seulement 10 secondes s’écoulent avant qu’un poisson ne morde à l’hameçon. C’est un beau Fineau, poisson excellent qui nous fera un bon repas. 

 

Ici le danger n’est pas les icebergs entre deux eaux, mais les petits bateaux de pêche en bois que l’on ne repère pas au radar. Il faut donc veiller nuit et jour, attentivement, car sur le plateau continental qui s’étend sur plus de cinquante mille au large, les pêcheurs déploient leurs filets. Les eaux retrouvent une couleur plus maritime d’un vert clair éblouissant. Nous approchons du delta de l’Amazone. La mer bouillonne car ici aussi le courant est important et la rencontre avec la houle agite les eaux.

 

La ligne siffle, le moulinet se dévide et nous ramenons une belle Carangue grosse tête. Encore un excellent poisson pour le dîner. A terre les nuages se développent et une pluie tropicale s’abat sur Fleur Australe. Laura part à la pêche à la pluie venue du ciel et remplie en quelques secondes plusieurs bouteilles d’eau.

 

Nous retrouvons les eaux laiteuses et saumâtres, marron clair. Fleur Australe se faufile à travers les bancs de sable pour mouiller devant le petit village de Soure. La lumière est toute douce et les passeurs traversent le Rio pour rejoindre l’autre coté de la rive, le toit chargé de vélos. Ici c’est un autre parfum qui plane dans l’air, plus exotique, plus aventureux, plus indien aussi, c’est l’Amazone ! 

 

 

 

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Les bateaux finissent leur vie sur les vasières

 

 

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Il faut se protéger des rayons du Soleil

 

 

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Les pêcheurs sont nombreux à l'entrée de l'Amazone

 

 

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Belle prise, une Carangue grosse tête

 

 

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A Sao Luis nous avons échoué le bateau le long du quai

 

14 juillet : Alcantara

 

Nous quittons le Rio de las Americas sans trop de problèmes. Cette fois-ci, nous savons ou se trouve le chenal. 24 heures de navigation au près puis avec un fort courant 5 noeuds de face dans le Rio. En début d’après midi nous relâchons enfin devant Alcantara. 

 

Quelques pécheurs à pied remontent leurs filets. Nous débarquons, l’ambiance est encore différente de ce que nous avons vu à ce jour et la population beaucoup plus Africaine dans sa physionomie. La ville coloniale abrite quelques 6500 habitants. Elle s’élève en face de Sao Luis, de l’autre coté de la Baia de Sao Marcos. Elle fut construite par les esclaves entre le XVIIe et le XIXe siècle. C’était le lieu de résidence préféré des riches propriétaires terriens du Maranho. 

 

La ville est aujourd’hui une mosaïque de ravissantes rues pavées avec de belles demeures, de ravissantes églises restaurées juste à côté des ruines et vestiges du temps passé. Elle compte le même nombre d’habitants qu’il y a 150 ans, c’est le centre historique le plus authentique du pays. On y rencontre de nombreux ibis rouges, les guaras. Ce bel oiseau rouge vermillon vit le plus souvent dans les mangroves et les estuaires. 

 

Une fois de plus nous constatons qu’ici comme ailleurs les bords de côtes sont recouverts de déchets en tout genre, de la canette aux bouteilles en plastique. L’évidence est de remarquer que dans ce pays qui se développe peut être trop vite on n’a pas encore pris conscience de l’importance qu’il y a à protéger nos océans puisque tous ces détritus finiront à la mer.

 

Nous visitons le paisible village avant de rejoindre Fleur Australe. A bord la température atteint les 39° dans le carré, c’est intenable malgré les ventilateurs que nous avons achetés. C’est un bateau conçu pour les navigations polaires, avec peu d’aération, une timonerie qui se transforme en serre sous les tropiques et je dois dire qu’à mesure que nous nous rapprochons de l’équateur je me surprends à regretter le froid des hautes latitudes. 

 

A l’aube nous traversons la baie en direction de Sao Luis. A peine arrivés un problème hydraulique contraint le capitaine à improviser une ancre de fortune et surtout à passer la matinée dans la soute moteur par 50°, un véritable four. Il en ressort plus transpirant et rouge que d’un sauna. 

 

Depuis Jericoacoara plus question de se baigner pour se rafraichir dans ces mers saumâtres et polluées. Une pièce a lâchée et la pompe n’est plus entrainée, c’est elle qui active le guindeau, la quille et le propulseur, le danger étant de s’échouer. 

 

Nous avons hâte de retrouver des eaux plus claires et la douceur des alizées. D’autres problèmes nous occuperont car nous rentrons en période cyclonique donc méfiance. 

 

Ainsi va la vie à bord de Fleur Australe.

 

 

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11 Juillet : Le détroit de Parnaiba

 
Nous quittons Jericoacoara après avoir regardé l’Argentine arracher la victoire aux Pays Bas. L’embarquement n’est pas aisé, nous tirons l’annexe sur 150 mètres avant de nous immerger jusqu’à la taille face à la houle pour rejoindre Fleur Australe au mouillage. La lune est pleine, et la mer a revêtu sa parure d’argent. 100 milles pour embouquer le détroit de Parnaiba autrefois appellé détroit das Americas. Il se compose de 2700 m2 d’îles, de plages, de lagunes, de hautes dunes de sable et de dense mangrove où vivent de nombreux animaux sauvages. Près de 65% de sa superficie se trouve dans le Maranhau. 
 
Nous sommes au pied des Lencois Maranhenses. Les bans de sables sont mal cartographiés dans la zone, ils ont du se déplacer et comme souvent dans ce genre d’endroit le carte s’avère fausse et nous talonnons à 2 mètres. Impossible de se dégager pendant 15 bonnes minutes. Philou fait vrombir le moteur et tente de revenir sur nos traces. Nous réussissons finalement et croisons une pirogue de pêcheurs qui nous guide dans l’étroit chenal. 
 
Dans la mangrove on trouve, entre autres animaux, des singes hurleurs, des capucins, des caïmans et toutes sortes d’oiseaux. Ici on pratique la pêche au piranha, c’est pour le moins exotique. Pas un touriste à l’horizon, les bateaux de pêcheurs nous regardent comme un ovni. Ils ne croisent pas souvent de bateaux dans ces eaux. 
 
Nous pénétrons dans un des bras du delta pour rejoindre le village. Un magnifique saliero rentre au port. Les hommes abattent la voile au soleil couchant. Le spectacle vaut le détour.   
 
  
 
Le port de Tutoaia
 
 
 
Le port de Tutoaia
 
 
 
Le port de Tutoaia
 
 
 
Loup sur la plage de Jericoacoara
 
 
 
Marion dans les dunes de Jeri
 
 
 
Au lagon bleue une belle Jogada (embarcation locale)
 
 
 
Le  Brésil avant le dernier match
 
 
 
 Port de Tutoaia dans le détroit de Parnaiba
 
 
 
Les pêcheurs rentrent chargés de poisson

 

9 juillet : Jericoacoara

 
C’est encore la preuve que les endroits les plus inaccessibles sont souvent les plus beaux. 800 milles depuis Salvador, 5 jours de mer, et plus de 6 heures de route et de piste depuis Fortaleza. 
 
Entre désert et mer, des plages qui courent sur des milles et des milles, Jeri pour les intimes, est d’une beauté à couper le souffle. On dit que c’est ici que l’on peut admirer le plus beau coucher de soleil du Brésil et je confirme. Certains disent même y avoir vu le fameux rayon vert. Moi j’ai vu un soleil qui n’en finit pas de mourir, dans des harmonies de rose d’une pureté divine. Le ciel qui s’embrase des heures entières et la mer qui s’empourpre tandis que les jeunes jouent au foot sur le sable doré qui ondule au gré du vent en volutes légères. 
 
Au petit matin les chevaux sauvages galopent furieusement sur les dunes et les pécheurs s’affairent autour de leurs jangadas colorées. La mer, le ciel, le sable tout va dans le même mouvement et c’est visible à l’œil nu, une pointe qui attire les élément comme un aimant. Un paysage à perte de vue d’une douceur infinie comme la lumière qui inonde les lieux du soir au matin. A la tombée du jour le village se réveille et les petits bars sont pris d’assaut, ca danse et ca boit de la caipirinha jusqu’au lever du jour, les buggys vrombissent et les enfants rient. C’est Jeri !
 
 
 
Sur la plage de Jericoacoara
 
 
 
Sur le plage de Jericoacoara
 
 
 
Pecheurs sur leurs jogandas
 
 
 
Loup sur la dune de Jericoacoara
 
 
 
Loup sur la dune de Jericoacoara
 
 
 
Jeri n'a pas qu'un air de paradis 
 

5 juillet : Salvador de Bahia

 
Nous quittons Barra Grande et appareillons pour Boipéba, petit village de pécheurs, difficilement accessible, bien plus encore que ses jolies voisines. L’île est non cartographiée, nous embarquons donc un guide qui nous indiquera l’accès de la passe pour pénétrer à marée haute jusqu’au village.
 
Après quelques heures de navigation houleuse, nous relâchons à l’entrée du chenal car la mer est basse et les vagues déferlent. Nous prenons l’annexe pour rejoindre le village. L’île est bordée d’une vingtaine de kilomètres de plages désertes protégées par des roches et des récifs de corail qui forment à marée basse des piscines naturelles.  
 
Ici encore les habitants vivent au rythme du foot, c’est ce que je constate en me promenant dans ce paisible petit bourg. Tout le monde est devant la télé, qu’elle soit grande ou petite, image de qualité ou totalement brouillée, personne n’y échappe hormis quelques enfants qui jouent sur la petite place, au ballon rond justement, les champions de demain. 
 
Dans la soirée nous faisons voile vers Moro di San Paolo, l’ambiance est bien différente, concert sur la place, le village entier est réuni et danse de bon cœur, en partageant quelques bières, c’est la folie ! 
 
L’heure est venue de rejoindre la grande ville de Salvador. Ici aussi la fête bat son plein. Nous empruntons l’ascenseur qui nous monte jusqu’à la vieille ville. On célèbre le jour de l’indépendance, cela ajouté aux supporters enivrés, je dois dire que cela fait beaucoup. Je réussis par chance à acheter des places pour le match de l’après midi. Loup va enfin pouvoir assister à un vrai match. Dans le beau stade de Salvador la Belgique affronte les USA. Il va sans dire qu’il s’est cassé la voix en soutenant nos amis Belge et je suis certaine que cela restera pour lui un souvenir indélébile, n’y voyez aucun jeu de mot. 
 
Il n’en demeure pas moins que Salvador a un charme fou. C’est une ville qui bouge, on ressent immédiatement son énergie. Rien à voir avec Rio, c’est l’Afrique. A Salvador plus qu’en tout autre lieu d’infortune passée, les descendants des esclaves africains sont parvenus à préserver leur culture, tant en matière de musique que de religion, de cuisine ou de danse. Des happenings s’y déroulent tous les jours, des groupes de percussionnistes font résonner les belles rues coloniales de leurs rythmes entêtants.
 
Dans la soirée des groupes de Capoeria se forment sur les esplanades pendant que des effluves d’acarajé* et autres douceurs africaines flottent  délicieusement dans l’air. 
 
Ce soir nous assistons à une cérémonie du Camdomblé, une religion mêlant catholicisme, rites indigènes et croyances africaines. Dans la petite salle d’une maison qui se trouve bien cachée dans une favella, tout de blancs vêtus, quelques fidèles honorent la Lemanjà (déesse de la mer), ça danse, entre en transe et baise le sol. Nous rentrons par la vieille ville, qui est un véritable musée à ciel ouvert. Plus de 365 églises ornent l’ancienne capitale du Brésil (1549 à 1763), devenue aujourd’hui le joyau afro-brésilien.
 
Dans la nuit nous filons toutes voiles dehors vers Praia do Forté, nous avons rendez vous avec le responsable du projet Tamar pour la protection des tortues marines. Parmi les 18 stations de Bahia gérées par l’association, celle ci est la plus active. Les chercheurs de Tamar assurent la protection de quelques 550 nids par an, répartis sur 50 km de côte autour de Praia do Forte. Les œufs humides sont enterrés dans le sable puis laissés sur la plage ou transportés dans les incubateurs qui fonctionnent pendant la saison de ponte. A leur naissance les bébés tortues sont immédiatement relâchés dans la mer. Même si ce système permet à plus de 500 000 bébés de voir le jour chaque année à Bahia seulement quelques centaines parviendront à l’âge adulte. 
 
Ni cette récréation écologique dans cette jolie station balnéaire, ni la belle victoire du Brésil devant la Colombie ne parviennent à rendre le sourire à mon petit footballeur qui digère difficilement la défaite de la France.
 
Prochaine destination Fortaleza à 800 miles. Le temps d’oublier !
 
* Plat typiquement bahianais, beignets de pâte de haricots noirs farcis à la crevette et au vatapà.
 
 
 
Fleur Australe devant l'île d'Itaparica
 
 
 
 Salvador, ville haute
 
 
 
 Philou au marché San Joachim
 
 
 
Favélas de Salvador
 
 
 
Favélas de Salvador
 
 
 
Fête de l’indépendance le 2 juillet Salvador 
 
 
 
Fête de l’indépendance le 2 juillet Salvador