Dans le Pacifique comme ailleurs, les populations de poissons sont menacées. Des mesures se mettent en place pour préserver la richesse locale des atolls comme Rangiroa.
Deux milliards de dollars (USA). C'est la somme qu'ont rapporté en 2007 les produits de la mer aux 22 États et territoires insulaires océaniens (Samoa américaines, Îles Cook, États fédérés de Micronésie, Îles Fidji, Polynésie française, Guam, Kiribati, Îles Marshall, Nauru, Nouvelle-Calédonie, Niue, Îles Mariannes du Nord, Palau, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pitcairn, Samoa, Îles Salomon, Tokelau, Tonga, Tuvalu, Vanuatu et Wallis et Futuna). Dans le Pacifique, poissons et crustacés assurent non seulement l'approvisionnement et la sécurité alimentaire des populations, mais également la croissance économique.
Mais problème : le Pacifique souffre de la surpêche, et la pêche cotière est menacée. A cela plusieurs raisons : la hausse du nombre de navires pour la pêche à la senne (technique qui consiste à capturer les poissons à la surface en pleine eau à l'aide d'un filet), l’amélioration de leur rentabilité et la dégradation des récifs coralliens.
Pour pallier ces manquements, le Secrétariat général de la communauté du Pacifique (CPS) élabore des approches de gestion durable des pêcheries, notamment en renforçant la coopération régionale. Chargé de la gestion durable des ressources marines et de l'amélioration de l’éducation et la santé des populations d’Océanie, le CPS cherche aussi à obtenir un engagement politique, à associer les populations et le secteur privé, à prévoir des programmes d’études et de formation pour le personnel, à encourager l’aquaculture en petits bassins... avec le souci de préserver l'économie et les spécificités locales, comme sur Rangiroa.
Sur cette île corallienne, située à environ 350 km au Nord-Est de Tahiti, pêcher le poisson est une tradition. Rangiroa est l'atoll le plus vaste de Polynésie. Par ses dimensions (75 km de long et ses 25 km de large), l’atoll peut aussi bien exploiter la pêche en lagon que celle en haute mer-. Elle est un des plus gros producteurs de poissons lagunaires, principalement destinés au marché de Papeete, ou salés, expédiés en Amérique du Sud et en Asie. Dès la fin des années 1950, les pêcheurs de Rangiroa ont pu bénéficier de l'expansion de Tahiti en y exportant une part de leur production. Aujourd'hui, Rangiroa est peuplée de chirurgiens, rougets, napoléons, raies manta ou léopards, carangues, requins de tous types et dauphins.
Et lorsque les ressources marines ne sont pas pêchées pour la consommation, elles restent un spectacle exceptionnel pour les plongeurs passionnés de nature qui peuvent alors les observer de plus près.
Texte : Neoplanète