Hier 21h00 : Nous passons au large de l’ile Pourquoi pas ? Cap plein sud. A l’horizon une bande pourpre illumine quelques icebergs cubiques. C’est somptueux.

Quand le soleil hésite entre le coucher et le lever, le ciel s'embrase et les icebergs jouent les ombres chinoises.

La lumière de 2 heures du matin éclaire la terre de Graham
1h30 : Nous retrouvons le pack serré dans lequel nous tentons une percée. J’en profite pour faire un arrêt sur une plaque de glace afin de photographier et de filmer Fleur Australe. Je suis seul sur mon petit ilot. Je pense à la longue dérive de Shackleton dans la mer de Weddell.

Géraldine en promenade sur une plaque de banquise, floes.

Dans le pack nous croisons de bien gros icebergs
4h30 : Nous retrouvons enfin l’eau libre. Elle est polie comme un miroir, pas une ride. La lumière est dorée. Les glaciers se dessinent à l’horizon entre l’argent et l’or, c’est doux, fondu, hypnotisant. Comme sur l’image satellite très précise que nous a envoyée Maurice Uguen, notre routeur des glaces, nous nous apercevons que nous sommes dans une clairière et que derrière nous la banquise se referme à vive allure. Nous ne pouvons continuer vers le sud. Philou met le cap à l’est pour atteindre un mouillage sur la côte.

Lumière douce et vent calme
8h00 : Depuis plus d’une heure nous avançons dans un pack disloqué dans lequel nous réussissons à avancer mais il se densifie pour devenir de plus en plus compact. L’étrave et les flancs de Fleur Australe cognent sur la glace. Elle se faufile fièrement dans ce pack. Nous décidons de faire du nord pour retrouver l’eau libre et contourner cette zone trop dense.

Nous forçons le pack pour rejoindre le nouveau mouillage
11h00 : Une nouvelle fois nous sommes dans le pack serré. Nous luttons, labourons pour reprendre le terme du capitaine pendant deux heures afin d’atteindre le mouillage. Nous arrivons finalement près de la terre puis repartons le plus sud possible jusqu’au mouillage de red bay.

Fleur Australe pousse la glace pour se frayer un chemin
13h00 : Nous relâchons. Le mouillage est étroit, sommaire, par 5 mètres de fond. Nous passons donc des amarres avant et arrière pour maintenir le bateau entre deux cailloux. Les enfants sont pressés de débarquer. La roche est rouge, d’où le nom de la baie. Charcot avait appelé cette partie de la péninsule la terre des Fallières. Des colonies de manchots adélie et des cormorans y ont élu domicile. Il y en a des milliers. La baie est couverte de glace et parsemé d’iceberg. La banquise menaçante est toute proche. Un solitaire phoque de Weddell se repose au milieu de ses manchots bruyants.
15h00 : Nos nouveaux amis sont peu farouches. Ils ne semblent pas effrayés par notre présence, viennent nous saluer, nous observent. Ils sont plus gros que ceux que nous avions croisé jusqu'à présent. Le mouillage est définitivement sauvage et glaciaire. Il est protégé par une barrière de récif qui empêche les gros icebergs de rentrer.
17h00 : Loup est tombé dans une « mare à manchot » jusqu'à la ceinture. En voulant tester la résistance de la glace avec son bâton, la neige s’est écroulée. Philou a décrété que désormais il irait à terre avec une bouée ce qui a donné lieux à moultes énervements. De retour au bateau nous nous lançons dans la préparation des crêpes avant de prendre un repos bien mérité car nous n’avons pas dormi depuis près de 24h.