Aussi terribles que les éruptions volcaniques, les séismes et tsunamis, également appelés « raz-de-marée », sont des phénomènes naturels qui frappent fréquemment la Polynésie. Ils sont la preuve que notre Terre bouge sans cesse. Immersion au plus près de ces phénomènes.

Il faut d’abord distinguer le risque sismique du risque de tsunami. En effet, contrairement à des pays très sismiques comme le Japon où le risque tsunami est principalement associé à des tremblements de terre proches, les tsunamis qui peuvent frapper les îles polynésiennes sont en grande majorité associés à des séismes lointains. « La probabilité de survenue d’un tremblement de terre destructeur au niveau des îles polynésiennes est faible » affirme Samuel Auclair du BRGM, établissement public de référence dans le domaine des sciences de la Terre. Les îles de Polynésie les plus affectées par des tsunamis sont les îles Marquises pour plusieurs raisons : il n’y a pas de barrière récifale et le fond de mer en pente est relativement faible en bord de côte.
Les tsunamis et séismes ont des effets d'ordres différents au niveau de la côte. Tout d’abord ils peuvent toucher la morphologie des paysages. Il est en effet fréquent qu’ils provoquent l’érosion des plages, ainsi que leur recul. Par l’action mécanique des vagues, ils conduisent à la destruction de la végétation. Par exemple, il se peut que des débris coralliens soient transportés loin des côtes (jusqu’à 200 m de la côte après le passage en 1992du tsunami de l’île Flores, à l'est de Bali).
Autres conséquences : l’eau, par action du sel, peut s’attaquer aux racines des arbres qui ont résisté au choc mécanique des vagues. Lorsqu’il y a destruction d’infrastructures, les sols peuvent être pollués par les produits chimiques déversés et entrainer des contaminations de sources d'eau potable.
En Polynésie, la majeure partie des côtes sont protégées par de très imposantes barrières récifales qui remplissent leur rôle protecteur en brisant la petite vague, comme le ferait la digue de Papeete (3,2 km de long et 9 m de haut) lors d’un tsunami venant du nord. « Il existe un réseau de sirènes d'alerte, une ou deux par vallée habitée, qui permet de prévenir la population en cas de menace », explique Olivier Hyvernaud, qui travaille au laboratoire de géophysique à Papeete. Deux marégraphes sont installés, l'un à Nuku Hiva, l'autre à Hiva Oa, pour mesurer les hauteurs de montée de la mer et permettre de quantifier le risque. Au final, accentuer la connaissance et la pédagogie du risque auprès des populations reste la meilleure façon de se protéger !
Pour plus d’informations :
http://www.brgm.fr/
http://www.amopa-tahiti.net/crbst_28.html
Texte : Neoplanète
Crédits photos : David Rydevik (Wikimedia)