30 janvier, les îles japonaises et la météo

Nous quittons Ishigaki et ses vaches choyées, qui écoutent de la musique en se faisant masser à la bière. Il n’y a pas qu’à Kobé qu’on cajole les bœufs, la vache d’Ishigaki est un adversaire de taille. Depuis notre arrivée au Japon, nous nous régalons de la cuisine japonaise et de la gentillesse de ses habitants.

La météo quant à elle nous donne du fil à retordre : les premières îles du Japon commencent sous les tropiques par 24° Nord et se situent dans la ceinture de la mousson. En ce mois de janvier la direction du vent est Nord-Est. En remontant vers le nord nous commençons à être sous l’influence des dépressions, dont les fronts balayent notre zone, entraînant avec eux du temps maussade et des vents forts. Entre le passage des dépressions, des bulles anticycloniques viennent se placer sur notre latitude et nous apportent un peu de calme. Nous sommes en hiver et un peu plus haut, sur les grandes îles vers lesquelles nous ferons bientôt voile, entre 30° et 40° N, le ballet des dépressions sévit. Il fait 1° C à Tokyo et -5°C à Sapporo et le vent souffle en tempête.

2019 01 30 fa 02L’ensemble des îles est baigné par un courant chaud qui remonte de la Mer des Philippines, c’est le Kuroshio, ou courant noir, qui coule du sud au nord. Il est notre allié et nous porte dans notre progression vers le nord. Le Japon subit également l’influence des typhons qui sévissent de juin à novembre.

Nous faisons une courte escale à Miyako, afin de nous abriter pour laisser passer un fort coup de vent, avec un front froid qui nous apporte des vents à plus de 35 nœuds et des grains de pluie. Les amarres grincent sous les rafales du vent du nord et les défenses qui nous protègent du quai gémissent.

Le vent finit par se calmer. Nous reprenons la mer en direction d’Okinawa à 170 milles.

Nous mouillons à la pointe nord de l’île. Le capitaine pose l’ancre entre les récifs. L’eau est claire et je pars avec les enfants faire une exploration des coraux. De nombreux poissons multicolores virevoltent, se chassent et se cachent dans les anfractuosités. Une tortue se découvre au contour d’une patate de corail. Elle vole lentement et ne semble pas affolée à la vue de notre palanquée.

Le capitaine hume le vent, regarde les nuages, observe la mer. Sur les récifs brisent les vagues. Nous savons que dehors la grosse houle de la tempête d’hier est encore présente. Le bateau devra affronter cette respiration nautique qui enfle les océans quand le vent s’est déchaîné sur ses flots. Si les prévisions météo ont annoncé une diminution du vent, il faudra encore en subir les relents avant que ne s’apaise l’océan.

Pendant plus de 400 ans, les îles de l’archipel des RYUKYU, dans la région d’Okinawa, étaient réputées pour ces navigateurs. Ils faisaient commerce avec de nombreux pays de l’Asie de l’Est et du Sud Est, comme la Chine, la Corée, jusqu’à Java. De nombreux voiliers partaient de la Chine en automne avec des produits japonais ou provenant d’autres contrées d’Asie et revenaient au printemps avec des objets précieux. Dans les années qui suivirent on s’adonna à la pêche à la bonite, le fumage qu’on en faisait produisait les fameux copeaux de bonite séchée que l’on trouve encore maintenant dans la cuisine japonaise. A l’époque ces copeaux représentaient la principale ressource des habitants. Aujourd’hui, ces îles de toute beauté vivent de la canne à sucre et du tourisme.

Demain nous ferons voile vers Okinawa.

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